BIOGRAPHIE

Né le 25 mars 1966 à Cherbourg, Guillaume Sorel est illustrateur et auteur de bande dessinée.

Il se sent avant tout artisan, avec des prétentions artistiques. Il considère que c’est en technicien aguerri qu’il peut toucher à tout, mais avec la volonté et l’intention de raconter des choses personnelles. C’est ainsi, selon sa définition, qu’il revendique le fait d’être artiste.

Les nombreux déplacements professionnels liés au travail de son père, inspecteur dans l’enseignement technique, l’ont amené dans de nombreuses régions. Avant de poser ses tables à dessin dans le Finistère, il n’est jamais resté suffisamment longtemps au même endroit pour pouvoir se réclamer d’une origine ou avoir un attachement particulier, si ce n’est à la mer.
C’est en solitaire enveloppé de livres qu’il s’est construit. Et, invariablement, quel que soit le lieu où il s’est posé, c’est entouré de ses bibliothèques remplies de poésie et de littérature qu’il reconstitue la caverne aux univers gothiques et fantastiques dans laquelle il peut s’immerger dans la création.

Dans l’enfance, il a toujours eu à sa disposition de la bande dessinée, et a grandi accompagné par les Pieds nickelés, Bibi Fricotin, Spirou, et un abonnement à Pif gadget a été un de ses cadeaux de tout jeune enfant.

Ses références graphiques sont très nombreuses. Il les considère comme étant des couches, des strates qui enrichissent son travail. Ce sont des artistes comme Böcklin, Turner, Doré, Friedrich, Rockwell, Hausman, Andréas, Caza et tant d’autres, qui nourrissent son travail de création.

La bibliothèque familiale était très fournie en littérature française, il a eu le loisir de lire un grand nombre d’auteurs classiques. Puis il a développé, assez jeune, une attirance pour la littérature fantastique, plus particulièrement celle du fantastique européen fin 19ème début 20ème des écrivains Autrichiens, Allemands, Irlandais, et également Belges comme Jean Ray et Thomas Owen.

Alors qu’il souhaitait s’orienter vers l’architecture, il a commencé ses études dans le bâtiment, sur les conseils avisés de son père, afin de bénéficier de bases reconnues par la profession. Ainsi, il valide un BEP-CAP de dessinateur en génie civil, passé à la Réunion, qu’il revendique comme étant un atout lui permettant d’avoir un rapport serein à l’espace, aux perspectives, aux volumes.
Éloigné de l’enseignement artistique vers lequel il souhaitait s’orienter dès le plus jeune âge, il rejoint en 1983 l’École des arts appliqués de Lyon. Bien décidé à intégrer l’École supérieure des beaux-arts de Paris, il passe avec succès le concours d’entrée. On lui oppose de ne pas avoir le baccalauréat. Il contre argumente qu’il a réussi le concours, et qu’aucun texte dans le règlement, à l’époque, ne lui interdit d’y poursuivre son parcours d’enseignement artistique. Ainsi, il y entre en 1985. Le jour du passage de son diplôme, il présente de grands travaux de dessins et de peintures. A leur demande et contre l’avis de ses professeurs, il présente aux membres du jury, qui voient dans son travail des liens avec Honoré Daumier et également avec la bande dessinée, le carton à dessin qu’il avait apporté et qui contenait un projet de bande dessinée. Le jury valide son diplôme en 1990.

Dès 1987, ses premières illustrations professionnelles sont publiées dans les magazines Scales et Casus Belli. A la fin de ses études, il illustre Runes Quest et Stormbringer, jeux de rôle pour Oriflam, et collabore notamment au fanzine Karpath et au magazine américain Heavy Metal.
S’en suivent de nombreuses collaborations.

En 1991, suite à sa rencontre avec Thomas Mosdi, à l’époque créateur de jeux de rôle, il réalise la série L’île des morts (5 tomes, Vents d’ouest, 1991-1996, rééditée à 3 reprises sous forme de nouvelles éditions intégrale). Ils s’associeront à nouveau quelques années plus tard. Ce sera aussi l’occasion et le bonheur pour lui d’une collaboration avec Michel Crespin, dont il était un grand admirateur. Ce dernier a accepté de mettre en couleur le diptyque Amnesia (Le Téméraire, 1998-1999), et cette rencontre lui aura permis de faire évoluer sa technique de couleurs.

En 1993, il est nominé pour un prix au Centre national de la bande dessinée belge de Bruxelles. Il en revient bredouille, mais avec une farouche envie de collaboration avec Mathieu Gallié, également nominé et rencontré à cette occasion. Leurs goûts communs pour la littérature fantastique du 19ème et début du 20ème siècle, pour les vieux films fantastiques de la Hammer ou des studios Universal, pour les terrines de gibier et les vieux whiskies
déboucheront sur un premier album Le fils du Grimacier (Vents d’Ouest, 1995). Ils se retrouveront quelques années plus tard autour de la série Algernon Woodcock (6 tomes, Delcourt, 2002-2011).

Après une première collaboration en 2005, qui donnera lieu à une exposition et à un livre, N’être (Le Peu Importe Association), il réalise, avec une amie photographe et écrivaine, Laëtitia Villemin, le roman graphique Mâle de mer (Casterman, 2009). Cette collaboration lui permet de sortir de son atelier et de travailler ses planches sur les lieux de l’action, contemporaine cette fois-ci.

En 2011, son éditrice aux éditions Casterman lui permet de retourner à plusieurs reprises dans une ville qu’il affectionne tout particulièrement, Prague, afin de réaliser un travail d’illustration (Prague Itinéraires, avec Christine Coste, co-édition Casterman et Lonely Planet, 2011).
Connaissant ses références littéraires, elle s’est à nouveau tournée vers lui afin qu’il puisse rencontrer Laurent Seksik, écrivain, qui souhaitait adapter son roman en bande dessinée. (Les derniers jours de Stefan Zweig, Casterman, 2012). C’est aussi grâce à elle qu’il a pu se consacrer à son deuxième album solo (Hôtel particulier, Casterman, 2013).
Il l’a suivie aux toutes jeunes éditions Rue de Sèvres afin de se confronter à l’adaptation littéraire, tout en lui demandant de soutenir son projet d’illustrer Alice au pays des merveilles (2014), cet ouvrage lui tenant à cœur. Ainsi, il adapte la nouvelle Le Horla (2014), Maupassant étant un de ses auteurs de prédilection, car qui frôle le fantastique, le tout dans un cadre familier, celui de son enfance.

Après une première collaboration avec Serge Le Tendre dans un album collectif sur les enfants juifs cachés et protégés pendant la seconde guerre mondiale (Paroles d’étoiles, Soleil, 2008), les éditions Vents d’ouest leur proposent de travailler ensemble autour des grands crimes qui ont marqués l’humanité (J’ai tué Abel, 2015).

2 expositions, co-organisées début 2019 par les galeries 9ème Art Paris et Champaka Bruxelles couronneront une année dédiée à la peinture et à l’illustration. Guillaume Sorel aura pu se consacrer, entre 2015 et 2016, grâce au soutien financier de son galériste, à mettre en images un de ses thèmes de prédilection, le fantastique.

La fin de l’année 2016 signe son retour à la bande dessinée. Ce projet personnel est, comme toujours, empreint de fantastique (Bluebells wood, Glénat, 2018). Après plusieurs années de collaborations, notamment au travers de la réalisation de couvertures de certains de ses romans, il collabore avec Thomas Day sur une adaptation très personnelle du Macbeth de Shakespeare (Macbeth, roi d’Écosse, 2 tomes, Glénat, 2019-2021).

2021, 30 ans de bande dessinée… et une exposition rétrospective à la galerie Huberty & Breyne à Bruxelles, accompagnée d’un artbook reprenant croquis et esquisses depuis son 1er album.

Aujourd’hui, ce sont 28 albums de bande dessinée (et un à paraître en septembre 2025 aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre), 1 roman graphique, 1 nouvelle illustrée, 2 ouvrages illustrés, 16 participations à des ouvrages collectifs qui ont été édités chez plusieurs  éditeurs de bande dessinée (Glénat, Casterman, Vents d’ouest, Dupuis, Soleil, Delcourt).
Ce sont également plus d’une centaine de couvertures publiées de 1996 à début 2025, chez de nombreux éditeurs (Albin Michel, Gallimard, Le Bélial’, Presse Pocket, Livre de poche, Points, Mnémos, Denoël, Encrage, Fleuve éditions, Revue le Un).

A cela s’ajoutent des affiches de festivals, une douzaine de publications qu’il estime
marquantes, dont 5 artbook (éditions Champaka Brussel, Huberty & Breynes, Toth, Les Temporalistes réunis), 2 couvertures et illustrations d’albums de musique, un timbre et 1 série de timbres et documents philatéliques pour La Poste française. Et enfin, une vingtaine d’expositions dédiées à son travail, recensées en France et en Belgique.

Il faut aussi ajouter toutes les illustrations créées, Guillaume Sorel donnant libre court à son imagination, à ses envies, à la création…

Portrait Guillaume Sorel ©Bart
©Bart
Auto portrait en monstre, 2008 ©Sorel
Auto portrait en monstre, 2008 ©Sorel

BIOGRAPHY

Born on March 25, 1966 in Cherbourg, Guillaume Sorel is an illustrator and comic book author.

He feels above all a craftsman, with artistic pretensions. He considers that it is as a seasoned technician that he can touch everything, but with the will and intention to tell personal things. This is how, according to his definition, he claims to be an artist.

The many business trips related to the work of his father, an inspector in technical education, have taken him to many regions. Before setting up his drawing tables in Finistère, he never stayed long enough in the same place to be able to claim an origin or have a particular attachment, except to the sea.

It is in solitude wrapped in books that he has built himself. And, invariably, wherever he has landed, it is surrounded by his libraries filled with poetry and literature that he reconstructs the cave of gothic and fantastic universes in which he can immerse himself in creation.

As a child, he always had comics at his disposal, and grew up accompanied by the « Pieds nickelés », « Bibi Fricotin », « Spirou », and a subscription to « Pif gadget » was one of his gifts as a young child. His graphic references are very numerous. He considers them to be layers, strata that enrich his work. Artists such as Böcklin, Turner, Doré, Friedrich, Rockwell, Wrightson, Hausman, Andréas, Caza and many others nourish his creative work.

The family library was very well stocked with French literature, and he had the opportunity to read a large number of classical authors. Then he developed, quite young, an attraction for fantasy literature, more particularly that of European fantasy at the end of the 19th and beginning of the 20th century by Austrian, German, Irish, and also Belgian writers such as Jean Ray and Thomas Owen.

While he wanted to go into architecture, he began his studies in construction, on the advice of his father, in order to benefit from the basics recognized by the profession. Thus, he validates a BEP-CAP (NVQ in England or Vocational High School / CTE in USA) as a civil engineering draftsman, passed in Reunion Island, which he claims to be an asset allowing him to have a serene relationship with space, perspectives, volumes.

Far from the artistic education he wanted to pursue from an early age, he joined the School of Applied Arts in Lyon in 1983.

Determined to enter the « École supérieure des beaux-arts in Paris » (art and design school or  college of art and design), he successfully passed the entrance exam. He is opposed to not having the baccalaureat (High School Diploma or A-level). He counter-argued that he had passed the competition, and that no text in the regulations, at the time, prevented him from continuing his artistic education there. Thus, he joined in 1985. On the day of his graduation, he presented great works of drawings and paintings. At their request and against the advice of his teachers, he presented the members of the jury, who saw in his work links with Honoré Daumier and also with the comic strip, the drawing board that he had brought and which contained a comic book project. The jury validated her diploma in 1990.

In 1987, his first professional illustrations were published in the magazines Scales and Casus Belli. At the end of his studies, he illustrated Runes Quest and Stormbringer, role-playing games for Oriflam, and collaborated with the fanzine Karpath and the American magazine Heavy Metal.

Numerous collaborations followed.

In 1991, following his meeting with Thomas Mosdi, at the time a creator of role-playing games, he produced the series L’île des morts (The Island of the Dead ) (5 volumes, Vents d’ouest, 1991-1996, republished 3 times in the form of new complete editions). They would join forces again a few years later. It will also be the opportunity and the happiness for him to collaborate with Michel Crespin, of whom he was a great admirer. The latter agreed to colour the diptych Amnesia (The Bold, 1998-1999), and this meeting allowed him to develop his colour technique.

In 1993, he was nominated for a prize at the Belgian National Comic Strip Centre in Brussels. He came back empty-handed, but with a fierce desire to collaborate with Mathieu Gallié, also nominated and met on this occasion. Their common tastes for the fantasy literature of the 19th and early 20th centuries, for the old fantasy films of Hammer or Universal Studios, for game terrines and old whiskies led to a first album The Son of the Grimacier (Vents d’Ouest, 1995). They would meet again a few years later around the Algernon Woodcock series (6 volumes, Delcourt, 2002-2011).

After a first collaboration in 2005, which gave rise to an exhibition and a book, N’être (It’s a play on words based on pronunciation (naître and n’être) that could be translated as “not to be.”) he produced, with a photographer and writer friend, Laëtitia Villemin, the graphic novel Mâle de mer (It’s a pun based on the pronunciation (Mal de mer : seasickness and Mâle de mer : male of the sea). (Casterman, 2009). This collaboration allows him to leave his studio and work on his plates on the scene of the action, contemporary this time.

In 2011, his publisher at Casterman Editions allowed him to return several times to a city he is particularly fond of, Prague, in order to carry out an illustration work (Prague Itinéraires, with Christine Coste, co-published by Casterman and Lonely Planet, 2011).

Knowing his literary credentials, she turned to him again so that he could meet the writer Laurent Seksik, who wanted to adapt his novel into a comic book. (Les derniers jours de Stefan Zweig : The Last Days of Stefan Zweig, Casterman, 2012).

It is also thanks to her that he was able to devote himself to his second solo album (Hôtel particulier « Private Mansion », Casterman, 2013).

He followed her to the very young Rue de Sèvres publishing house in order to confront the literary adaptation, while asking her to support her project to illustrate Alice in Wonderland (2014), a work close to his heart. Thus, he adapted the short story Le Horla (2014), Maupassant being one of his favorite authors, on the edge of the fantastic, all in a familiar setting, that of his childhood.

After a first collaboration with Serge Le Tendre in a collective album on Jewish children hidden and protected during the Second World War (Paroles d’étoiles, Soleil, 2008), Vents d’ouest offers them to work together on the great crimes that have marked humanity (J’ai tué Abel : I Killed Abel…, based on the myth of Cain and Abel, 2015). 

2 exhibitions, co-organized at the beginning of 2019 by the galleries 9ème Art Paris and Champaka Brussels, will crown a year dedicated to painting and illustration. Between 2015 and 2016, Guillaume Sorel was able to devote himself, thanks to the financial support of his gallery owner, to putting one of his favourite themes, the fantastic, into images.

The end of 2016 marked his return to comics. This personal project is, as always, imbued with fantasy (Bluebells wood, Glénat, 2018).

After several years of collaborations, notably through the creation of covers for some of his novels, he collaborated with Thomas Day on a very personal adaptation of Shakespeare’s Macbeth (Macbeth, King of Scotland, 2 volumes, Glénat, 2019-2021).

2021, 30 years of comics… and a retrospective exhibition at the Huberty & Breyne gallery in Brussels, accompanied by an artbook featuring sketches and sketches from his 1st album.

Today, there are 28 comic books (and one to be published in a few months by Dupuis in the Aire Libre collection), 1 graphic novel, 1 illustrated short story, 2 illustrated works, 16 participations in collective works that have been published by several comic book publishers (Glénat, Casterman, Vents d’ouest, Dupuis, Soleil, Delcourt).

There are also more than a hundred covers published from 1996 to the beginning of 2025, by many publishers (Albin Michel, Gallimard, Le Bélial’, Presse Pocket, Livre de poche, Points, Mnémos, Denoël, Encrage, Fleuve éditions, Revue le Un). In addition, there are 9 festival posters, a dozen publications that he considers to be significant, including 5 artbooks (Champaka Brussel, Huberty & Breynes, Toth, Les Temporalistes réunis), 2 covers and illustrations of music albums, a stamp and 1 series of stamps and philatelic documents for the French Post Office. And finally, about twenty exhibitions dedicated to his work, listed in France and Belgium.

We must also add all the illustrations created, Guillaume Sorel giving free rein to his imagination, his desires, to the creation…

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